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“Study bamboos and draw them for ten whole years, become bamboo, then and only then forget your drawings and start to paint them.”

                                                                                                                                                Zen precept

 

 

 

La photo du mois de FEVRIER et deux  nouvelles galeries :

 ‘ diverses & variées’ et ‘ Lignes’ sur le site consacré à la photographie

Cliquer sur   http://www.m-santinelli-photo.odexpo.com/

 

 

1/ Carnet de routeSAHARA

 

Le soleil a passé le zénith,

et nous roulons depuis l’aube sans croiser âme qui vive.

Le moteur a besoin de souffler ainsi que nos corps fourbus.

 

Debout, dans le silence, le regard perdu dans le lointain,

nous savourons cette énorme pastèque à la chair blanche

qui depuis le Maroc n’en finit plus d’être généreuse.

Soudain, sorti de nulle part, un vieil homme s’assoit dans l’unique ombre

projetée par notre véhicule sur le sable brûlant.

Sans échanger un mot, pour ne pas briser la magie de l’instant,

nous déposons dans sa main une tranche de pastèque qu’il contemple longuement.

Le temps suspend son cour, les mots deviennent inutiles.

 

Lorsque nous nous apprêtons à lui faire nos adieux et continuer notre route

avec le sentiment de voler l’ombre bienfaisante…

Le vieil homme est déjà reparti, sans bruit il a disparu dans l’immensité.     

                                                                                                                         

 

 

 

Mai 2008

A propos de…

Les orages successifs du nord associés au Sirocco ont recouvert ma région d’un voile de sable fin aux nuances jaune rosées,

il n’y a plus d’ombres, les couleurs sont délavées et l’horizon se dissimule derrière une brume constante.

J’attends la lumière pour reprendre mes pinceaux avec bonheur.

Pourtant, après un grand voyage par-dessus les dunes, les terres et la mer,

le Sirocco a déposé jusque devant ma porte un peu de Sahara...

 

 

2/ Carnet de routeSAHARA

                                                   

 Nous sommes intrigués par une trace d’à peu près cinq centimètres de large

qui longe depuis plusieurs heures , sans discontinuer, la piste chaotique.

C’est beaucoup plus tard que nous avons la solution de l’énigmatique ligne.

Un asiatique sur son vélo traverse le désert.

 

                                                                                                                       

 

 

 

A propos de…

J’aime ce sentiment de joie qui m’envahit quand je me lève le matin inondée de cette lumière éblouissante,

quand les ombres contrastées donnent à nos paysages ce relief si particulier,

quand le bleu du ciel est si profond que l’on pourrait se noyer dedans

et que la méditerranée, de ce même bleu, nous rappelle par la force de ses embruns qu’elle est une vraie mer.

J’aime regarder les palmiers balancer leurs grandes palmes scintillantes,

le feuillage argenté des oliviers miroiter sous le vent

et les pins parasols qui, comme une vague gigantesque, ondulent leur manteau de jeunes aiguilles vert tendre.

J’aime ces couleurs qui atteignent leur paroxysme et mettent le cœur en émoi.

Le grand peintre méridional ‘ Mistral’ peint de son souffle puissant ma région et mon âme.

C’est ainsi que je peins là-bas…avec la lumière d’ici.

 

 

3 / Carnet de route SAHARA

 

Ils sont partis à douze, douze copains allemands avec deux véhicules, pour un périple de plusieurs mois

 à travers toute l’Afrique.

Au cœur du désert, quelque part entre l’Algérie et le Mali, un des deux véhicules a cassé.

Sachant que dans le Sahara un véhicule abandonné, quelque soit son état, est entièrement désossé,

ils ont fait le choix, n’ayant que peu de vivre, de laisser l’un d’entre eux avec le camion en panne,

pendant  que les onze autres remontaient  jusqu’au nord de l’Algérie afin de commander, via l’Allemagne,

la pièce cassée.

Nous les avons rencontré alors qu’ils redescendaient, en possession de la pièce, rejoindre leur ami

qui venait de passer, sans aucun moyen de communication, trois semaines de retraite forcée,

seul au milieu du désert.

Nous roulions côte à côte depuis une bonne heure quand nous avons aperçu le véhicule arrêté et

sa silhouette…

Il ressemblait à un « Sadou », la barbe et les cheveux hirsutes, la peau halée, une couverture

en guise de Poncho.

 

Il avait le regard limpide, paisible et chaleureux, un regard rempli d’horizon sans fin, d’immensité de ciel,

d’étoiles, de lune, de vent de sable, de profondeur et de liberté.

 

Comme une ruche bourdonnante tous s’affairaient autour de lui, pendant qu’il observait en silence

avec distance et sollicitude cette soudaine effervescence.

 

Je n’ai pas osé lui parler…j’ai longtemps envié son expérience.

 

 

 

Avril 2008

Réminiscence…

Il était gigantesque, peut être parce que j’étais petite…

Pourtant je crois me souvenir qu’il fallait bien trois enfants,

 les bras écartés et se touchant à peine du bout des doigts pour en faire le tour.

Il trônait majestueusement à la lisière d’un fourré « interdit » jouxtant la cour de l’école.

Presque chaque jour pendant la grande récréation je venais lui rendre visite.

Assise à ses pieds, j’aimais sentir sa présence protectrice et bienveillante contre mon dos,

en toute confiance je lui parlais et il m’écoutait.

A l’heure de partir, je l’enlaçais et posais mon oreille sur son écorce un peu rugueuse et à mon tour j’écoutais.

Quand la sonnerie retentissait, en m’éloignant je lui promettais toujours de revenir.

Il m’arrive de penser que peut être il m’attend.

 

 

4/ Carnet de route SAHARA

 

Pendant très longtemps, tel un mirage flottant et miroitant au-dessus du sol brûlant,

nous avons vu dans le lointain se profiler l’immense falaise de Bandiagara.

BANDIAGARA  quelle belle résonance...

 

 

Avril 2008

 

A propos de…

Peindre un tableau réaliste,

m’immerge dans un monde de particules lumineuses.

Je ne peins pas la forme et la couleur est secondaire.

                                                                Je cherche l’ombre, je trouve la lumière et la couleur est là

 

 

 

5/ Carnet de route SAHARA

 

Nous avons bivouaqué pour la nuit au pied de la prodigieuse falaise de BANDIAGARA.

Au matin, des hommes du pays Dogon sont venus timidement et avec gentillesse nous saluer,

nous avons  partagé, alors, ce qui nous restait de pastèque.

Nous, occidentaux, avons craché tout naturellement les pépins sur le sol…

Nos amis Dogons  ont ramassé  tout naturellement nos pépins sur le  sol et précieusement

les ont  gardés  dans le creux de leur main.

 

Mars 2008

A propos de…

Peindre un tableau abstrait,

m’invite à lâcher prise pour poser la couleur,

et m’impose de structurer pour donner de la lumière.

 

 

 

6/ Carnet de route SAHARA

 

Nous avons fait la rencontre magique d’une jolie gazelle  Dorcas,

durant quelques centaines de mètres, il nous a semblé qu’elle faisait la course avec notre véhicule.

Il y a tant de puissance et de légèreté dans ce petit  animal gracile évoluant dans cet environnement, à priori,

si hostile à la vie... 

.

 

Mars 2008

Réminiscence…

Petite, durant les trajets en voiture, j’aimais derrière la vitre regarder le paysage défiler.

Dans ma tête en secret, à chaque arbre que j’apercevais je clamais mon amour : «  Toi ! Je t’aime…

Et toi aussi le grand là-bas…Le petit au loin…Et toi la haut sur la colline, je t’aime ! »

Je voulais tous les aimer et n’en oublier aucun.

Je leur ai tant crié mon amour, avec mon cœur d’enfant,

qu’en retour ils m’ont donné le bonheur de les peindre avec justesse.

 

 

 

 

A propos de …

Peindre des déclinaisons,

c’est mettre en exergue la multitude d’expressions que peut revêtir une même forme.

 

 

 

 

 

Ouverture du site 15 Mars 2008

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